Retour sur les débuts du crew UTP et de Mesk l’un de ses membres les plus actifs

Quels étaient les endroits où tu as peint à tes débuts ?
Au début, avec mon frère Pict, on a peint un peu partout, surtout dans notre coin et en banlieue Est. On a aussi fait deux ou trois sessions aux palissades du Louvre. L’ambiance là-bas, on adorait. Le musée du Louvre en toile de fond, comme une fontaine d’inspiration… c’était pas rien quand même.
Quand on partait à Londres, Amsterdam, Barcelone, ou même en mode campagne, on faisait pareil : on cherchait toujours les spots locaux, histoire de laisser notre trace.
Peux-tu nous parler de ton crew et de son histoire ?
Notre crew, c’est UTP – Underground Tribal Painterz. Il est né vers 1987-1988, d’une rencontre entre plusieurs graffeurs et tagueurs. En 1989, on s’est montés en association pour pouvoir réaliser et facturer nos premières commandes proprement. Ça nous semblait un peu moins con que de continuer à aller voler des bombes.
Quelle est sa composition à l’origine ?
Au début, le crew était composé de : Vatos, Number 6, Hem, Move Pop, Moshe (RIP), Ranx (RIP), Reas et Pict.

Ton mur le plus fou ou ton plan vandale le plus dingue ?
Un soir, on avait un rencard bien tard dans le parking d’Auchan, à Val de Fontenay. ‘Y a prescription hein, ça remonte à 35 ans… On devait retrouver les TKS qui nous avaient lancé un défi en graff. Le rendez-vous était à 4 heures du matin. On avait fait croire qu’on dormait chez des potes, mais en vrai, on est resté des heures à squatter dans une cage d’escalier avec mon frère, en mode zombie, à attendre le moment. Une fois sur place, c’était parti : chacun son mur. Screen2 peint de son côté, moi et Pict pareil. Pendant ce temps-là, Keybee commence à s’ennuyer un peu, alors il part taguer partout dans le parking, comme un fou. Au final, on s’y est tous mis. Fallait pas le laisser faire ça en solo ! Résultat : 2000 m² d’œuvre d’art brute, bien sauvage.
Le lendemain, les gens ont dû halluciner en arrivant. Ils ont sûrement cru qu’on était une armée. Genre 40 gars au moins…
